Les débuts et les raisons de la prohibition du cannabis



Les débuts et les raisons de la prohibition du cannabis

En 1913, la Californie passe la première loi bannissant le cannabis au cours de l’une des plus grandes campagnes anti-drogue des Etats Unis, suite à une modification effectuée par the Board of Pharmacy. Loin d’être utilisé à des fins récréatives à cette époque, il est pourtant ajouté à la liste des opiums par Henry Finger. Il écrit d'ailleurs en 1911 : "Au cours de la dernière année, nous avons vu un afflux massif d’Hindous qui ont une grande demande pour le cannabis indica ; ils sont une population très indésirable et cette habitude se développe en Californie très rapidement." 

C'est évidemment après cette loi que le cannabis a gagné en popularité aux Etats-Unis. Et c’est aussi à cette période que l’afflux massif de centaines de réfugiés a commencé, avec la révolution Mexicaine. Alors que fumer du cannabis n’était pas une pratique courante aux USA, elle était populaire à Mexico. Le gouvernement mexicain bannit la « marijuana » pour la première fois en 1920, soit près de 20 ans avant les Etats-Unis, et c’est à cette période que le terme entre véritablement dans le jargon américain.

Bien que le cannabis était utilisé comme médicament au cours du 19ème siècle, les effets psychoactifs de la plante fumée étaient nouveaux et effrayants. Des unes de journaux comme celle du New York Times apparaissent « Un mexicain sous l’emprise du cannabis tue 6 personnes dans un hôpital avec un couteau de boucher ».

Mais les mexicains et les hindous n’étaient pas la seule minorité visée par la propagande raciste et calomnieuse. La loi et les médias s'acharnent aussi sur les musiciens de Jazz afro-américains et philippins pour leur consommation de cannabis. En faisant preuve d’un racisme ouvert et sans limite, Harry Anslinger, le premier commissaire du Federal Bureau of Narcotics, affirme : « Les fumeurs de joints pensent qu’ils sont aussi bons que les hommes blancs, la première raison d’interdire la marijuana est son effet sur les races dégénérées ».

Il fait pression sur ce bureau établi en 1930 pour avoir des peines très sévères à l'égard de tous ceux qui violeraient les lois restreignant le commerce de l’Opium et d’autres drogues. La taxation des producteurs d’opiate et de coca se renforce également. Harry Anslinger devient ainsi le précurseur de ce qui sera plus tard la DEA. (Drug Enforcement Administration)

Le Marijuana Tax Act

Les années de lobby de Anslinger aboutissent au premier bannissement de la production de cannabis, malgré l’absence de preuve scientifique appuyant ses affirmations. En 1937, le Marijuana Tax Act est adopté alors que bien des juristes ignore ce qu’est la plante. La loi place alors une taxe de 1 dollar sur quiconque vend des plantes de cannabis, la rendant illégale. Bien que cela paraisse peu, la loi était très stricte, désorientante et plus tard jugée comment étant inconstitutionnelle par la Cour Suprême des Etats-Unis. D’autres groupes d’intérêts et ceux en faveur de la prohibition pour des raisons religieuses ont aussi contribué à créer un ressenti chez le public pour faire en sorte que la Marijuana Tax passe.

Reefer madness

Entre les lignes sensationnelles, la guerre d'Anslinger contre le cannabis, les groupes minoritaires et la nouvelle taxe, les américains sont exposés à près de 20 ans de propagande anti-cannabis soutenue. Le pays entre alors dans ce qui est souvent considéré comme l’ère du Reefer Madness, film de propagande sorti en 1936 orchestré par un groupe religieux. Il met en lumière une jeunesse blanche soi-disant corrompue par le cannabis les poussant dans l’hystérie, la promiscuité, les agressions sexuelles et la folie. Circulant dès 1938, il continuera à conditionner les mentalités au sujet du cannabis jusque dans les années 50.

Une guerre totale

C’est dans les années 60 et 70 que la prohibition devient plus stricte encore et donne un tournant bien sombre à l’histoire du cannabis. Durant cette période, les interventions militaires et la police obtiennent l’autorisation de renforcer la politiques anti-drogue. En 1961, les Etats-Unis passent la Single Convention on Narcotic Drugs, par laquelle d’autres pays du monde ont à leur tour rendu illégale la production et l’exportation du cannabis et d’autres drogues.

L’expression « War on Drugs » naît ainsi en 1971 après la conférence de presse donnée par le président Richard Nixon. Les drogues se voient alors toutes désignées « ennemi public numéro 1 », incluant le cannabis. Nixon a en fait pleinement ignoré les études scientifiques qui penchaient vers la décriminalisation du cannabis, en plaçant la plante dans la catégorie la plus stricte de son Controlled Substances Act. – schedule 1. Le cannabis est ainsi rendu illégal à des fins politiques par une loi toujours à l’œuvre aujourd’hui.

Pourquoi établie à des fins politiques ?

Tout d’abord, parce que le chef de police John Ehrlichman a avoué à Harper’s : « Vous comprenez ce que je dis ? Nous savions que nous ne pourrions rendre illégal le fait d’être contre la guerre ou d’être noir, à moins d’associer les hippies à la marijuana et les noirs à l’héroïne. Ensuite en criminalisant les deux cas sévèrement, nous pouvions déstabiliser ces communautés. » affirme Ehrlichman. « Nous pouvions arrêter leurs chefs, faire une descente de police, anéantir leurs meetings, et les diaboliser soir après soir au cours des journaux télévisés. Savions-nous que nous mentions à propos des drogues ? Bien sûr que nous le savions. »

Les années suivantes, le nombre d’incarcérations est grandissant et les états mettent en place des peines de prison minimum. Les arrestations et fouilles de police ainsi que la politique du « frapper fort » rendent les interpellations et incarcérations faciles. A cela s’ajoute la durée de peine de prison grandissantes pour les contrevenants non-violents.

Avec les pouvoirs qui leurs sont conférés, la police peut, après de simples infractions routières, contrôler si les fautifs sont sous possession de drogue. Dans un Etat où le cannabis est illégal, un individu peut être condamné à perpétuité ou à une lourde amende. Dans certains Etats, comme le Missouri, toute personne surprise en possession de cannabis ou en cultivant et arrêtée plus de 3 fois est accusée de crime et passable de prison à vie. Dans certains états, la commercialisation du cannabis peut déboucher sur la peine de mort.

La vraie raison pour laquelle le cannabis est illégal

En 100 ans, le cannabis est passé au statut de précieux remède à ennemi public numéro 1. Ayant pourtant très probablement joué un rôle dans la naissance de l’agriculture moderne et ayant été un élément clé de la médecine d’autrefois, le passé a été oublié pour faire place à l’ignorance. L’histoire biaisée et discriminatoire de la prohibition est toujours présente dans les politiques actuelles. Les arrestations affectent les Afro-américains et les groupes minoritaires de manières disproportionnelle, alors que les recherchent montrent que les blancs consomment tout autant de cannabis.

D’après une étude de 2013, une personne afro-américaine à 3,73 fois plus de chances de se faire arrêter pour du cannabis qu’une personne blanche. C’est pourtant juste une moyenne, dans certains états, la probabilité est beaucoup plus forte. Concernant les lobbys, si la prohibition venait à prendre fin, plusieurs industries perdraient beaucoup, telles que, l’industrie pharmaceutique, l’industrie de l’alcool, l'industrie du tabac, les prisons privées, les syndicats de police et les entreprises du dépistage de drogue...

L’histoire de la prohibition du cannabis est ainsi véritablement faite de peur, de préjugés et de décennies de désinformation orchestrée par les politiques suivant les lobbys de grandes industries.

 

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