24 HEURES



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"Le cannabis légal fait sa pub aux portes de Paléo"

Le 26 Juillet 2019

"Festival Une société commercialisant du CBD a planté deux parcelles à côté des parkings. Un coup de marketing qui en rappelle un autre, devenu mythique."

"Le pape de la «weed» refait des siennes à Paléo."

"Bernard Rappaz, le visage de la défense du cannabis romand, est en terrain conquis. Pendant la semaine de Paléo, il a installé le petit bus camping aux couleurs de sa société qui commercialise des produits à base de CBD (cannabis légal), en face de Signy Centre, sur le chemin entre le parking et l’entrée du festival. «Salut Bernard! Merci pour tout ce que tu as fait!» l’interpelle un spectateur pressé de rejoindre les premiers concerts de la soirée sur la plaine de l’Asse.

Le Valaisan a réussi son coup marketing. Il loue deux hectares de champs à proximité de Paléo où il a planté du cannabis. Les grillages qui protègent le terrain des intrusions des festivaliers, sont tapissés de portraits de Bernard Rappaz vantant les mérites du CBD. «On ne peut pas être dans Paléo, alors on fait de la pub ici sur le parking», note le chanvrier.

«Nos cultures sont passées de 10 à 70 hectares en une année et nous avons eu l’opportunité de trouver ce terrain à côté des parkings de Paléo», précise Kelly Szabados, responsable communication de Holyweed. L’objectif était de profiter de la manifestation pour faire sa promotion et vendre ses produits. Le premier but a été atteint. Le second a provoqué l’intervention de la police du commerce. Sans autorisation valable, Bernard Rappaz et ses collaborateurs ont été remis à l’ordre et contraints de ranger la marchandise. «Nous avons tenté mais ce n’est pas possible. Nous n’insistons pas. Nous sommes un peu rebelles, mais nous sommes aussi bons élèves», insiste Kelly Szabados. Si habituellement une grande discrétion entoure l’emplacement des champs de cannabis, celui de l’Asse a pris une autre option. Ce qui nécessite une surveillance particulière pour éviter les vols des plants qui ne contiennent pourtant pas de psychotropes. Cinq agents étaient sur place dans la nuit de jeudi à vendredi.

Paléo «spectateur»

La présence des chanvriers a toutefois suscité l’interrogation d’une partie du public. «Paléo est un festival familial, nous a écrit une lectrice déçue. Il est déjà sponsorisé par une marque de tabac. Maintenant, il se met au cannabis.» La confusion est réelle. Toutefois, le festival n’a rien à voir avec Bernard Rappaz. «Nous sommes spectateurs, avertit Daniel Rossellat. Nous ne pouvons rien faire concernant la présence de cette société.» Le big boss explique en outre avoir reçu des demandes de stands pour la vente de CBD sur le terrain du festival mais ne pas y avoir donné suite. «Nous n’avons pas d’objection fondamentale sur ce produit, mais nous pensons que ce n’est pas une demande de la part de notre public plutôt familial.»

Il faut avouer que la manifestation a une histoire compliquée avec le monde du chanvre. En 1995, le festival avait accordé une place pour un stand qui devait être tenu par des agriculteurs locaux. Ceux-ci devaient vendre des articles dérivés, mais quelques jours avant l’ouverture de la manifestation, Paléo avait rompu le contrat. Il était prévu de proposer des plantes en pot et des coussins remplis de cannabis, faisant craindre un détournement des produits pour la consommation. L’apparition dans l’organisation du stand de l’avocat Jean-Pierre Egger, lobbyiste du cannabis, avait fini de convaincre le comité de Paléo. «Nous ne voulons pas que notre festival de musique devienne une plateforme de propagande», affirmait alors Daniel Rossellat.

La contre-attaque ne s’était pas fait attendre. Les chanvriers avaient ouvert un champ de démonstration entre Duillier et Genolier, à proximité de Paléo. Des navettes étaient prévues afin de transporter les spectateurs. Pour 7 francs, ceux-ci pouvaient se promener au milieu des plantations et repartir avec une plante sous le bras."

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